|
|
|||
|
3°
|
Les Spectacles de la Foire.
|
||
|
|
|||
|
Que les différens voyages qu'ils ont faits enfemble ne leur ayant pas été aufïi fructueux qu'ils l'avoient efpéré, ledit Lamy ne s'étant pas comporté auffi bien qu'il l'auroit dû, «d'ailleurs la plaignante, ayant appris qu'il étoit marié, et avoit abandonné fa femme, lui fit des reproches de toutes ces chofes, et fe retira d'avec lui il y a environ cinc; mois. Depuis lequel tems, malgré les affurances qu'elle lui a données, qu'elle ne vouloit plus avoir aucune fociété avec lui et les défenfcs expreffes qu'elle a faites de la venir voir, ni de l'attaquer, il n'a ceffé de la pourfuivre et de l'accofter toutes les fois qu'il la rencontre ; qu'il efpionne méme fés démarches afin de lui faire des fcènes. Qu'ayant appris que la plaignante étoit recherchée par le fleur Deparis, pour le mariage, il ne ceffe de clabauder contre elle et s'acharner à vouloir l'empêcher de conclure cette affaire. Qu'il menace de tuer Ia perfonne qu'elle eft fur le point d'époufer, difant qu'il ira la guetter et lui fera un fort mauvais parti à l'un et à l'autre. Et comme la plaignante entend prévenir l'effet de ces menaces, elle eft venue nous rendre la préfente plainte.
Signé : J. Diot ; Thiot.
{Archives det Comm.; n° 3059.)
|
|||
|
|
|||
|
III
|
|||
|
|
|||
|
L'an 1772, le dimanche 23 août à midi et demi, en notre hôtel et par-devant nous, Antoine-Joachim Thiot, etc., font comparus lieur François Diot, comédien, demeurant rue de Bourgogne, faubourg St-Germain, paroiffe St-Sulpice, maifon du fleur Mallon, blanchiffeur, et fleur Alexandre Deparis, auffi comédien, demeurant rue du Bout-du-Monde, paroiffe St-Euftache : Lefquels nous ont rendu plainte contre le fleur Jean-Pierre Lamy, entrepreneur de fpectacles à la foire St-Ovide, place Louis-Quinze, demeurant vieille rue du Temple, paroiffe St-Gervais, et dit qu'il y a environ quatre mois ledit Lamy dit au nommé Noël Feuillet, comédien, chez lui Lamy, rue du Cceur-Volant où il demeuroit alors, que s'il rencontroit ledit Deparis, plaignant, il lui cafferoit les bras, parce que le plaignant, difoit-il, cherchoit à avoir des liaifons avec fa femme, ce qu'il a réitéré audit Feuillet il y a quinze jours ou trois femaines dans un café fur les boulevarts ; qu'il y a dix ou douze jours, ledit Deparis ayant rencontré ledit Lamy, place Louis-Quinze, lui demanda s'il vouloit lui donner fés enfans pour les faire jeepréfenter des fpectacles pendant le temps de la foire. Ledit Lamy lui répondit que non, parce qu'il vouloit lui f..... l'âme en bas quand il le trouveroit entre quatre yeux ; qu'hier il dit à la fille du fleur Diot, plaignant, dans fa loge où il la fit entrer de force, que puifque ledit Deparis étoit fon ami, il alloit aller l'attendre le long des Tuileries avec plufieurs des fiens, afin de l'affafuner à. coups de bàton ainfï que ledit Diot ; qu'ils devoient paffer en cet endroit et
|
|||
|
|
|||